Docteur en communication jouissant d’une bonne renommée, Kâne Hamidou BABA, membre fondateur du parti UFD-Ere Nouvelle avant de devenir l’un des artisans du RFD, devenu le principal parti d’opposition à un moment donné. Député sous les couleurs de cette formation et vice-président de l’Assemblée nationale.

A un certain moment, l’homme décida de fonder le Mouvement pour la Refondation (MPR). Le 26 Avril dernier, KHB se lance dans la course à la présidentielle du 22 juin dernier. Dans une configuration politique inédite, il fut le candidat, d’une forte coalition de partis politiques et d'associations qui ont choisi la dénomination du "Vivre-ensemble".

Selon les résultats proclamés par la Céni et validés par le Conseil Constitutionnel, il est placé 4e derrière Ould Cheikh El Ghazwani et Biram Dah Abeid, avec un taux qui dépasse les 8%.

Entretien..........

D’aucuns disent que l’échec des candidats de l’opposition à la présidentielle de juin 2019 est le fruit de sa dispersion. Qu’en pensez-vous ?

Je ne le pense pas du tout alors pour différentes raisons. D’abord une candidature unique dans un pays non homogène pose problème. Elle n’était d’ailleurs ni philosophiquement souhaitable, ni techniquement possible et politiquement, elle n’était pas efficace. Parce que partout, où, il y a une élection présidentielle à deux tours, au premier on choisit et au second tour on élimine. Et, il n’y avait pas eu une dispersion de candidatures de l’opposition, il n’y avait que quatre qui étaient toutes assez représentatives de certains segments de la société et d’une certaine image également de la Mauritanie.

Par conséquent, les résultats obtenus par l’opposition sont de loin plus importants parce que chaque candidat a pu mobiliser au maximum que s’il y avait qu’une seule candidature unique. Pour tout, c’est une erreur de penser qu’il fallait une candidature unique d’ailleurs ça a touché tellement ma position et quelque part, je savais qu’il était impossible d’avoir une seule candidature. D’autant plus que n’ayant pas un programme commun. Ce qu’on peut reprocher à l’opposition, c’est de s’être prise un peu tard dans le processus de mise en œuvre d’un programme commun ou de constat qu’un programme commun n’est possible et que chacun pouvait rationaliser les candidatures.

Et au finish, on a obtenu quatre candidatures qui sont très représentatives sur l’échiquier national et qui ont fait plus de 48%. Et si c’était une candidature unique, je doute qu’elle peut avoir ce résultat.

Certains observateurs nationaux qualifient le bloc Coalition Vivre Ensemble (CVE) d’un ensemble négro africain, alors que vous avez le président du FP parmi vous. Comment expliquez cette qualification ?

Au départ, autour de la CVE se sont constitués des partis politiques à leadership négro africain. Et il faut savoir à titre personnel, j’étais engagé dans le FNDU, dans lequel, on trouvait des partis de différentes obédiences. Du coup, c’est l’échec du FNUD qui explique le repli vers les partis qui mettaient en priorité l’un des défis majeurs (la cohésion sociale et l’unité nationale). Et, sont les partis les plus sensibles à cette question qui se sont retrouvés autour de la CVE.

Ils se sont retrouvés autour d’idées et de principes et raison pour laquelle, le FP est venu pour être un membre à part entière comme d’autres. Par conséquent, nous disons que c’est une fausse accusation. Il est dans l’intérêt de ne pas confondre un parti à leader négro africain et un parti d’obédience négro africaine. Nous défendons dans le cadre de la CVE des problèmes majeurs.

Je pense que nous avons pu imposer un débat sur la question nationale et sociale. Ce sont là des problèmes nationaux qui n’appartiennent pas à une seule communauté et cette accusation fait partie des simplifications assez abusives que certains malintentionnés font.

Qu’en est-il de la transformation de la CVE en une formation politique ?

La CVE a une vocation politique incontestablement. Elle s’est retrouvée après les élections municipales et législatives dont nous savons comment elles se sont déroulées. Ensuite, c’était pour l’élaboration d’une plateforme éminemment politique pour les enjeux de l’élection présidentielle. A la suite de l’élection présidentielle, le bilan de la campagne a été fait et nous sommes en train de réfléchir sur les perspectives de la CVE. Que ce bloc aille se muer en une formation politique, l’avenir le dira.

Une idée sur le reste des militants de la CVE toujours détenus au sud du pays.

Nous avons toujours certains de nos militants de Rindiaw et de Lexeiba détenus à Kaédi. Les premiers écopent d’une peine d’emprisonnement de 2 mois et nous avons introduit un recours en appel, qui n’a pas été encore examiné. En pour, ceux de Lexeiba, la Cour s’était réunie et nous attendons la sentence.

Monsieur le président en tant qu'acteur politique, quel regard jetez-vous en général sur la composition du premier gouvernement d’Ould Ghazwani ?

Ecoutez ! En première lecture c’est un gouvernement de compromis marqué surtout par la continuité, plutôt par la rupture. J’ai entendu dire qu’il était question de mettre en place un gouvernement de compétences mais un gouvernement de compétences ne veut pas dire forcément un gouvernement technocratique. Il fallait faire la nuance et il y a eu une confusion.

Or, la situation actuelle du pays nécessite un gouvernement politique et un gouvernement consensuel. Et si le pouvoir sortant a officiellement donné 48% à l’opposition, cela justifie que le pays est coupé en deux. Et cela signifie pour quelqu’un qui dit vouloir être le président de tous les mauritaniens de s’ouvrir à un dialogue avec cette opposition qui est représentative et qui symbolise l’aspiration du peuple au changement. Mais, je pense qu’il n’est pas trop tard à la question du dialogue.

Et à propos de ce gouvernement, il a une faible base en termes de légitimité parlementaire. Or, le système politique que nous avons appelle nécessairement un alignement du gouvernement avec le parlement. Et ce décalage est le plus souvent source soit de cohabitation, soit d’une crise institutionnelle qui pourrait s’aggraver et par conséquent on souhaite bon vent à cette équipe. En effet, je sais que le gouvernement est attendu sur les gestes et les actes concrets.

A votre avis, quelles sont les mesures d'urgence que le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazwani doit prendre pour gagner la confiance des mauritaniens d’une part et celle de l’opposition d’autre part ?

Sincèrement, je ne sais pas les mesures d’urgence qu’il va prendre mais celles qui me paraissent urgentes et indispensables dans la phase actuelle sont : la cohabitation, le partage du pouvoir et des richesses, l’éradication de ce qu’on peut appeler les pratiques et séquelles de l’esclavage. Autrement dit, des questions qui ne doivent plus rester un tabou. La mesure d’urgence aurait été d’organiser des assises nationales sur un ensemble de questions et particulièrement sur l’éducation.

Le problème de l’éducation sous un double angle : d’abord sous un angle purement technique et ensuite sous un angle consensuel pour une meilleure réforme. Il est important de faire appel à des experts en matière d’éducation qui doivent discuter du bon système éducatif en faisant du benchmark sur la base des expériences dans les pays limitrophes. Et ensuite légitimer cela par la recherche d’un large consensus sur la réforme du système à travers des assises nationales.

Ce secteur nous préoccupe et les résultats catastrophiques que nous avons enregistrés lors des examens nationaux (Bac et brevet) ont attiré notre attention de plus. Cela prouve réellement que l’école prend l’eau !

Les fréquents divorces entre l’enseignement fondamental et l’enseignement secondaire de ministres n'ont-ils pas des conséquences négatives sur le système éducatif national ?

Je suis un peu circonspect pas à ces divorces mais à ces mariages. L’éducation nationale est le mammouth du système étatique du fait que le nombre de fonctionnaires dans le secteur ne se retrouve dans nul autre corps. Et, avec cette crise qui a longtemps envenimé le système, cette séparation n’est pas mauvaise. Elle pourra faciliter la solution aux nombres problèmes de l’enseignement. Pour cela, il faut avoir une coordination pour une meilleure gestion au niveau du personnel, des techniques d’enseignement, des programmes, des orientations, des suivis et évaluations.

Des mesures d’accompagnement doivent être prises à temps surtout en ce qui concerne : les infrastructures, les fournitures, la formation continue des enseignants, ……….

Par la suite, il faut tenir compte de l’enseignement des langues pour tous les enfants mauritaniens pour qu’ils ne se tournent pas le dos.

Quelle lecture faites-vous des derniers propos du ministre de l’enseignement supérieur porte parole du gouvernement ?

Au premier degré, je dirai qu’il est sincère dans ses propos en disant cela, parce que les mots traduisent une certaine réalité. Et au second degré, par la pratique, les actes seront posés par le gouvernement.

Un dernier mot

D’abord, je voudrais remercier, l’Agence de presse Tawary pour le travail accompli et d’ailleurs qui résiste malgré toutes les difficultés. Je ne manquerai pas à vous dire que vous occupez une position importante dans l’espace médiatique.

Ensuite, je souhaite que l’année 2019 qui s’achève et celle de 2020 qui commence, soient celles des médias et de la réforme profonde de l’audiovisuel pour le renforcement de l’unité nationale, de la cohésion sociale et de la diversité culturelle. Car l’État doit contribuer à cette solution (....).

Propos recueillis par Aboubakrine SIDI


 

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