L'UMA, «Union du Maghreb arabe» avait disparu des radars depuis belle lurette. De fait, c'est à peine si l'on se souvenait qu'une telle organisation existe, tant elle est sortie des préoccupations premières des dirigeants maghrébins. Certes, les évènements des dernières années ont quelque peu mis en arrière-plan une organisation qui, à l'évidence, n'a pas réussi son décollage. Toutefois, l'UMA exprimait le mieux la désunion des pouvoirs maghrébins. C'est dans ce contexte d'abandon [d'une organisation célébrée comme la panacée lors de sa fondation en 1989] que fut annoncée l'adhésion du Royaume alaouite à une organisation régionale ouest-africaine.

De fait, l'adhésion du Maroc à la Cédéao, (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) l'accord donné à la Tunisie comme observateur - en attendant la retour de la Mauritanie qui demande à revenir dans une organisation qu'elle quitta en 2000 - sonne le glas de la moribonde Union du Maghreb arabe. Tout ça, pour ça! A qui imputer ce gâchis? En fait, les responsabilités sont partagées, mais le Maroc en assume la prépondérance qui fit passer ses intérêts particuliers avant ceux du Maghreb, singulièrement en liant la question du Sahara occidental - qu'il occupe depuis 1975 - à la construction du Grand Maghreb. Un chantage qui a mis en balance le devenir des cinq pays maghrébins. Or, marqué par un expansionnisme monomaniaque, obsédé par un présumé «Grand Maroc» perdu, Rabat n'a jamais donné la primauté à la construction du Maghreb uni. Ses dérobades, ses absences récurrentes aux sommets maghrébins - induisant leur annulation - ont largement contribué à éloigner l'idée du Grand Maghreb.

En fait, Rabat a favorisé l'utopique «Grand Maroc». Les revendications incongrues, de wilayas du Sud algérien, la reconnaissance, du bout des lèvres dix ans après son indépendance, de l'Etat de Mauritanie, l'occupation du Sahara occidental, enfin, sont autant de jalons par lesquels le Maroc pensait «reconstruire» son chimérique sultanat alaouite qui, surtout, ont fait obstacle à la construction du Grand Maghreb. Cette morbidité colonialiste a déteint sur l'unité du Maghreb, au moment où les organisations régionales et zonales similaires prenaient leur envol.

Elles sont devenues incontournables dans les affaires régionales et sous-régionales africaines, au moment où l'UMA vivotait à la merci des humeurs des dirigeants maghrébins, restant scotchée à ses starting-blocks. Et pour cause! En rejoignant la Cédéao, le Maroc outre de donner un coup de poignard à l'Union du Maghreb, déchire en fait un contrat moral qui le liait aux peuples du Grand Maghreb. Le Grand Maghreb - un ensemble qui pèse aujourd'hui plus de 100 millions d'habitants - n'a pas eu de dirigeants visionnaires capables de voir loin et agir en conséquence.

Au lieu du Maghreb des peuples ouvert au futur et stimulant son énorme potentiel de développement, nous avons eu un Maghreb rabougri, fermé sur lui-même, mesurant chichement ses pas dans la construction du Grand Maghreb. De fait, l'Union du Maghreb n'existe, aujourd'hui, que de nom. Le rôle néfaste du Maroc dans la région a réduit à néant la venue du Grand Maghreb et la consolidation de son Union. C'est le contraire qui a été observé, Rabat ayant, quasiment, boycotté les sommets maghrébins - hormis ceux se tenant au Maroc - ouvrant une brèche irréparable dans le consensus maghrébin. Nonobstant les contingences auxquelles le Maghreb faisait face, c'est particulièrement la soif expansionniste alaouite qui a remis aux calendes grecques, une Union à laquelle aspiraient les peuples maghrébins.

Alors que sa position stratégiques [entre l'Afrique, l'Europe et le Monde arabe], ses potentialités [économiques, industrielles, touristiques] lui donnaient le droit de jouer un rôle essentiel dans les affaires régionales et continentales, le Maghreb en est, a contrario, marginalisé, évincé par son incapacité à se dépasser, à inventer son devenir. Il est de fait que l'UMA, gage du devenir des peuples du Grand Maghreb, a été mise en équation par le Maroc, qui n'éprouva aucun scrupule à l'échanger contre un strapontin ailleurs en Afrique. Notons qu'à l'époque où les dirigeants maghrébins s'échinaient à construire l'Union du Maghreb, feu Hassan II faisait des pieds et des mains pour faire admettre son pays à la CEE actuelle Union européenne.

Mohammed VI n'a pas fait mieux qui ignora tout simplement l'UMA, n'assistant à aucune de ses réunions. Mais le voici donc qui redécouvre l'Afrique en courant ici et là dans un continent que son pays a longtemps snobé, pratiquant la politique de la chaise vide à l'endroit de l'UMA et boudant son milieu naturel, le Maghreb. L'histoire retiendra que le Maroc a été le fossoyeur de l'Union du Maghreb.

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