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Université: Le Dircab du Président piégé par des étudiants (Alakhbar Info)

 

Le passage, mercredi soir dernier, du président de l’APP et président de l’Assemblée nationale, M. Messaoud Ould Boulkheir, à la télévision nationale, dans le cadre de l’émission Hiwar (dialogue), aura permis de connaître et comprendre l’avis de l’homme sur nombre de sujets, notamment ses relations avec la COD, les raisons qui l’ont amené à choisir l’Alternance Pacifique, le dialogue avec le Pouvoir, l’esclavage dans notre pays, mais aussi sa vision du ‘’printemps arabe’’, la CAP et les cadres qui ont déserté son parti, la place des Nasséristes dans l’APP, etc.

L’émission qui aura été très suivie malgré sa longueur (elle s’est achevée vers 01H du matin !) restera dans les annales puisque ce fut véritablement le grand déballage. Une prestation qui n’a pas laissé indifférent et que le Dr. Mohamed Mahmoud Ould Mah analyse ici avec le franc-parler qui lui est reconnu.


Nouakchott Info : M. Messaoud a choisi le dialogue avec le Pouvoir lui et quelques partis de l’Opposition. Comment voyez-vous ce dialogue à la lumière de son passage à la télévision mercredi dernier?

Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah : Personnellement, j’ai toujours soutenu le principe du dialogue avec le Pouvoir et je continue de l’appuyer. Mais à la fin de l’intervention de M. Messaoud, j’en ai maintenant une autre lecture. Le dialogue est une opération politique personnelle de M. Messaoud, à un moment où il est l’objet d’attaques et de scissions au sein de son propre parti. Au moment où il annonce le premier sa volonté de dialoguer avec le Pouvoir, il fait une tournée à l’intérieur du pays où il était plus reçu par les militants de l’UPR et des autres partis de la majorité présidentielle que par ceux de son propre parti.

Il exige le Ministre d’Etat, comme vis-à-vis dans le cadre du dialogue, au risque d’humilier la présidente de la Coordination des partis de la majorité présidentielle. Tout en disant que le dialogue est ouvert, M. Messaoud n’épargne aucun effort pour le fermer à tout le monde : d’abord aux partis d’opposition qui ne sont pas membres de la COD et ensuite aux partis membres de la COD eux-mêmes. M. Messaoud est le responsable de la situation que vit le pays et dont il tire cependant d’importants dividendes : se mettre le pouvoir de son côté ; se maintenir à la tête de l’Assemblée nationale avec seulement trois députés dont lui-même.

Les partis, partisans du dialogue, se lézardent eux-mêmes par la sortie de l’un d’eux et par les analyses de Boidiel Ould Houmeid sur l’esclavage et qui prennent le contre-pied de celles de M. Messaoud. Entre Boidiel et Abdessalam Ould Horma, président du parti nationaliste arabe Sawab, M. Messaoud est indéniablement mal à l’aise au sein de la CAP qu’il a complètement ignorée durant tout son show à la télévision au lieu de saisir cette occasion pour en expliquer la portée.

Son évocation pathétique à Ahmed Ould Daddah, prompt à lui «embrasser les pieds et à lui servir d’esclave» en guise de sa prédisposition à la réconciliation, en dit long sur le projet de gouvernement qu’il a annoncé pour très bientôt et à la surprise générale.

NI : M. Messaoud a parlé d’un gouvernement d’union nationale. Pensez-vous que l’Opposition en fera partie?

Dr MMOM : M. Messaoud répondra lui-même que non. En l’annonçant lui-même, n’est-ce pas une manière d’en éloigner l’Opposition. Si ce gouvernement d’union nationale est imminent comme le dit M. Messaoud, la primeur de cette annonce aurait dû être laissée au Chef de l’Etat. M. Messaoud a-t-il vendu la mèche? Il est vrai que M. Messaoud nous a révélé qu’il obtient tout ce qu’il demande au Président de la République et au Premier ministre ; tout comme il nous a révélé également qu’il fait part au Président de la République de toutes ses critiques de son régime, «Ain edeug V’Ain», c’est-à-dire, en le regardant dans les yeux.

M. Messaoud a certainement obtenu la promesse de quelques postes ministériels dont sans doute, un Secrétariat d’Etat d’un Maghreb arabe qui n’existe pas et que M. Messaoud réservera, encore une fois, à ses amis nasséristes.

NI : Que pensez-vous de l’affirmation de M. Messaoud quant à l’existence de la pratique de l’esclavage dans notre pays et si oui, pensez-vous que M. Messaoud exprime le point de vue des cadres haratines?

Dr MMOM : Il est à noter que M. Messaoud a consacré l’essentiel de l’émission à la question de l’esclavage. D’entrée de jeu, M. Messaoud nous apprend qu’il ne tire pas sa notoriété, ni de ses origines raciales, car il se définit lui-même comme «un esclave insoumis» (‘’Abd Mdjemberre’’), ni non plus de ses diplômes. M. Messaoud nous apprend qu’il a redoublé sa 6ème avant d’être renvoyé de l’école. Sa notoriété, il la doit à son militantisme en faveur de l’abolition de l’esclavage dans notre pays. Il identifie son combat à celui de Birame Ould Dah Ould Abeid, même s’il avoue s’en distinguer dans la forme.

Il ne demande que l’égalité entre les haratines et les maures. A l’adresse de ces derniers, il déclare: «Nous ne vous demandons pas vos filles en guise de réparation, mais seulement l’égalité». Ces propos relèvent beaucoup plus de l’indécence et du mépris que d’un débat politique dont l’invité est le président de l’Assemblée nationale. D’ailleurs, les agences de presse internationales n’ont pas manqué l’occasion pour titrer en manchette : «Le président de l’Assemblée nationale de Mauritanie jette un pavé dans la mare en affirmant à la télévision nationale, que la pratique de l’esclavage existe bien en Mauritanie».

A notre avis, M. Messaoud ne mérite plus de présider cette auguste assemblée; il doit en démissionner. Ce n’est pas la première fois que M. Messaoud jette un pavé dans la mare : «L’enrôlement biométrique est une catastrophe», déclarait-il à l’Assemblée nationale, rejoignant ainsi ceux qui qualifient cette importante opération de manœuvres racistes dirigées contre les populations noires du Sud.

Quant au second volet de votre question, M. Messaoud n’exprime pas du tout l’avis des cadres haratines. Il a été incapable d’empêcher le départ des cadres haratines qui étaient dans son parti. Certains sont allés à El Wiam, avec M. Boidiel, principalement Omar Ould Yali qui a déclaré sur le même plateau de télévision, quelques semaines plutôt que «l’esclavage a évolué avec l’évolution de notre pays». D’autres cadres haratines, comme Samory Ould Biye et Mohamed Ould Borboss, ont formé la composante APP à la COD etc.

De façon générale, les idées de M. Messaoud ne traduisent pas le point de vue des cadres haratines qui se définissent comme partie intégrante de la communauté arabe de Mauritanie. Contrairement à M. Messaoud, qui l’avoue lui-même, ils ont fait de brillantes études. Ils ont milité dans tous les partis politiques, certains dans les mouvements nationalistes arabes ; ils sont avocats, juristes, professeurs, administrateurs.

L’un d’eux fut Premier ministre; certains occupent aujourd’hui de hautes fonctions sans avoir jamais milité avec M. Messaoud: ministres de l’Intérieur, de la Justice, du Commerce, président et de l’Enseignement Secondaire ; Présidents du Conseil constitutionnel, du Conseil économique et social ; conseiller juridique du président de la République, directeur général de la Télévision de Mauritanie, directeur général de l’Agence mauritanienne d’information ; ambassadeurs, secrétaires généraux de ministères ; directeurs de services, etc.

NI : A vous croire, le choix de M. Messaoud d’une Alternance Pacifique serait donc un choix stratégique ?

Dr. DMMM : Un adage bien de chez nous dit : «El kover-yasser-doun tarque Esleu» (Il y a mille et une manières d’être mécréant avant de cesser de prier). M. Messaoud avant d’être pacifique en politique, il doit d’abord l’être dans le verbe. Sur le plateau de la télévision, il a été très violent dans ses mots et personne n’a été épargnée: ni Mohamed Ould Abdel Aziz, ni Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et encore moins Ely Ould Mohamed Vall.

Sur le plateau de la télévision nationale, tout le monde a été terrorisé: le journaliste responsable de l’émission a été dépossédé de son rôle et le temps consacré à l’émission a été largement dépassé ; Cheikh Tidiane Dia, Directeur de Publication du quotidien «Le Rénovateur», a été qualifié de ‘’provocateur’’ pour avoir fort justement constaté l’évolution de M. Messaoud quant à la question de l’esclavage: un Messaoud qui parle de séquelles de l’esclavage et un Messaoud qui parle de la pratique effective de l’esclavage.

Même les membres du bureau exécutif de l’APP n’ont pas été épargnés: «Quant à vous membres du comité exécutif, je vous remercie de ne m’avoir pas demandé la parole, que je vous aurais, de toute façon refusée». Quant au ‘’printemps arabe’’, il le laisse indifférent, car pour lui, une révolution qui n’établit pas l’égalité entre les Maures d’une part, et les Haratines et les Aznague d’autre part, n’est pas une révolution.

Il aurait dû cependant avoir une pensée pour ce pays arabe qu’est la Libye, qui a été détruit par les bombardements de l’OTAN et surtout une pensée pour son président Mouammar El Kadhafi, qui l’a beaucoup aidé matériellement, plus que Mohamed Ould Bouamatou, et qui a invité les Nasséristes à le rejoindre politiquement. Pourtant, l’assassinat de Kadhafi, de son fils et de son ministre de la Défense, par un drone américain et des mirages français et l’exposition de leurs corps jusqu’à décomposition totale, a été condamné par le monde entier.

NI : M. Messaoud pense qu’il a choisi l’Alternance Pacifique pour épargner à notre pays un cumul de crises auxquelles il ne peut pas faire face.

Dr MMOM : M. Messaoud entre en contradiction avec lui-même. En allant tout seul au dialogue avec le Pouvoir et en fermant ce dialogue aux autres partis, il crée lui-même une crise. Ensuite, il prédit à notre pays le sort du Mali, si sa proposition de médiation n’est pas prise en compte. M. Messaoud n’a aucune confiance en notre pays, ni en son peuple, quand il avoue à la télévision de Mauritanie, qu’il n’a pas pu trouver une seule personne susceptible de faire partie des 7 sages appelés à diriger la CENI. Par contre, il nous annonce un futur gouvernement, c'est-à-dire, un nombre d’hommes susceptibles, cette fois, de diriger le pays et d’assurer une bonne gouvernance.


Propos recueillis par Mohamed Ould Khattatt

 

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